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La centrale géothermique de Bouillante (Guadeloupe)

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Vous êtes ici : Accueil Cours II. Étude de cas : La centrale géothermique de Bouillante en Guadeloupe 1. Contexte géologique particulier du site de Bouillante 1.4 Le Système de Bouillante : un système épithermal

1.4 Le Système de Bouillante : un système épithermal

Le système géothermique de Bouillante : un système épithermal

Au niveau des subductions actives, plusieurs manifestations d’origine hydrothermale peuvent être détectées. Elles sont le plus souvent à l’origine de ressources minières tels que le cuivre (Cu des porphyres cuprifères), ou l’argent et encore l’or (Au, Ag des gisements épithermaux). Alors que les porphyres cuprifères se positionnent en profondeur à proximité de la chambre magmatique, les systèmes épithermaux sont souvent localisés à moins de 1 km de profondeur sous les édifices volcaniques (Figure 14).

Figure 14 : Représentation schématique des réactions hydrothermales se produisant dans un contexte de subduction. Le système des porphyres cuprifères se positionne en profondeur à proximité d’une chambre magmatique, alors que les systèmes épithermaux se développent plus superficiellement par le biais de filons. Les zones colorées correspondent aux zones d’interaction fluides/roches.
Figure 14 : Représentation schématique des réactions hydrothermales se produisant dans un contexte de subduction. Le système des porphyres cuprifères se positionne en profondeur à proximité d’une chambre magmatique, alors que les systèmes épithermaux se développent plus superficiellement par le biais de filons. Les zones colorées correspondent aux zones d’interaction fluides/roches.

 

Le réservoir de Bouillante semblerait correspondre plutôt à un type épithermal 2, là où le pH des fluides est peu agressif. Les roches remontées par les forages ont des altérations hydrothermales caractéristiques des systèmes épithermaux de type 2 de haute enthalpie (Bouchot et al., 2010). Ces altérations de plus en plus en profondeur sont de type :

  • une zone en subsurface à smectite de type montmorillonite (<100°C)
  • une zone à smectite de type beidellite (110°C à 163 °C)
  • une zone à illite/smectite de 260 m à 700 m (180°C à 250 °C)
  • une zone à chlorite au-delà de 700 m (250°C à 260°C)

 

D’autre part, des témoins d’une explosion phréatique de type maar amagmatique ont été trouvés et constituent des brèches hydrothermales à proximité de la faille de Marsolle (secteur de Courbaril). Ces brèches sont constituées de clastes de roches volcaniques hydrothermalisées cimentés par une matrice à silice-adulaire.  Cette brèche se serait formée par la rencontre de fluides géothermaux très chauds avec la nappe phréatique froide (Patrier et al., 2003).

 

Un modèle récent (Figure 15) a été proposé pour le système géothermal de Bouillante (Bouchot et al., 2010). Il s’appuie sur les données géophysiques et pétrologiques de forages, sur les données structurales de surface (failles majeures…), sur les données pétrologiques de surface (présence de brèches hydrothermales à proximité de la faille de Marsolle) ainsi que sur les profils de résistivité. Il apparente le système de Bouillante à un système épithermal.

 

FIGURE 15 : Modèle du système géothermal de Bouillante (d’après Bouchot et al., 2010)
FIGURE 15 : Modèle du système géothermal de Bouillante (d’après Bouchot et al., 2010)