1.1 Observations de terrain

Les sources thermales, connues depuis le début des temps historiques, sont sans doute les manifestations les plus populaires de la présence en profondeur de températures plus élevées qu’en surface. Le village de Chaudes-Aigues dans le Cantal doit son nom aux sources thermales qui y sont utilisées : l’hiver pour le chauffage des habitations et l’été pour les thermes. Ce village possède une trentaine de sources dont les températures vont de 40°C à 82°C. La source la plus chaude est celle du Par (figure 1), qui doit son nom au dépeçage à l’eau chaude du cochon (« parage ») que l’on y réalisait. Cette source a un débit de 450000 litres par jours d’eau à 82°C.

Source thermale du Par (82°C) à Chaudes Aigues dans le Cantal
Source thermale du Par (82°C) à Chaudes Aigues dans le Cantal

Dans le cas des sources thermales, la température élevée de l’eau est interprétée comme résultat de l’interaction avec des roches de température élevée en profondeur. Une méthode plus directe pour observer l’augmentation de la température avec la profondeur est de descendre dans les mines. Afin d’extraire des substances minérales utiles, des conduits creusés dans l’encaissant descendent parfois à plusieurs centaines de mètres de profondeur et cette valeur est suffisante pour ressentir l’élévation de la température. Un exemple est la mine de Potosi en Bolivie : elle est connue à la fois pour la richesse de son gisement d’argent et pour l’atrocité des conditions de travail des amérindiens. En plus de l’immense quantité de poussière avalée par les mineurs et de la menace constante d’éboulement, la profondeur de certaines galeries de cette mine est associée à des températures élevées et une atmosphère suffocante difficilement supportable. Les sources thermales comme les mines montrant une augmentation de température avec la profondeur, tachons désormais de quantifier cette augmentation (gradient géothermique) et d’en déduire le flux de chaleur.