La dégradation des sols dans le monde

La dégradation des sols dans le monde

II LES PROCESSUS D'EROSION

L’érosion hydrique est un type d’érosion qui partage les mêmes processus communs à tous les types d’érosion: hydrique (eau), éolienne (le vent), glaciaire (la glace) ou gravitaire (la gravité). En réalité, les différents types d’érosion dépendent de la gravité qui agit sur l’eau (hydrique), sur les masses atmosphériques (éolienne), sur les masses de glace (glaciaire) et sur les solides (gravitaire). Les trois processus sont :

II.1 Le détachement

Avant que les sédiments et matières organiques soient transportés, ils doivent d’abord être détachés des forces cohésives présentes dans le sol. Ce détachement peut se faire par l’impact des gouttes de pluie, par une combinaison d’impacts des gouttes de pluie et du ruissellement, ou par le ruissellement seul. L’énergie requise pour détacher les particules est plus importante que pour les transporter. Dans un sol cohésif, il faut surmonter l’attraction entre particules (argiles, limons et matières organiques) afin de les mettre en mouvement. Pour des sédiments non-cohésifs, il faut lever les particules contre la gravité avant qu’elles soient mises en mouvement dans l’eau.

II.2 Le transport

Ceci correspond au mouvement des sédiments vers l’aval, que ce soit sur un versant ou dans un cours d’eau. Le transport peut s’effectuer dans l’air, comme c’est le cas pour le splash, ou dans l’eau par le ruissellement.

Le terme « capacité de transport », évoqué pour décrire la capacité du ruissellement à transporter des sédiments, est utilisé de 2 manières :

La quantité de sédiments transportés dans un écoulement et par unité de temps est égale à la concentration en sédiments (kg/m3) * le débit (m3/s) = kg/s. A la limite de la capacité de transport, l’écoulement ne peut pas transporter plus de sédiments, même s’il y a beaucoup de sédiments disponibles. Dans ce cas, l’érosion est dite « limitée par le transport ». Dans le cas où la capacité de transport n’est pas atteinte et que l’écoulement pourrait transporter plus de sédiments s’il y en avait, (mais tous les sédiments disponibles sont déjà en mouvement), l’érosion est dite « limitée par le détachement ».
L’écoulement de l’eau trie les sédiments par tailles par sa vitesse d’écoulement : plus la vitesse est importante, plus elle peut transporter des sédiments grossiers. Dès que la vitesse commence à se ralentir, les premiers sédiments qui se déposent sont les plus grossiers ; progressivement, les sédiments de tailles de plus en plus fines sont déposés au fur et à mesure que la vitesse d’écoulement diminue.
L’écoulement dans un cours d’eau représente donc une zone de tri sélectif dans laquelle il y a des zones de sédiments grossiers là où la vitesse d’écoulement est rapide et des zones de sédiments fins là où la vitesse d’écoulement est lente.

Regardez la vidéo ci-dessous, d'un cours d'eau chargé en sédiments après la pluie.

 


Vidéo d'un cours d'eau chargé en sédiments (durée 50sec.) (Vidéo: D. Fox - Montage: D. Fernandez)

 

II.3 Le dépôt

Tôt ou tard, les sédiments transportés par le ruissellement se déposent. Le dépôt peut se faire à l’intérieur d’une parcelle sur le même versant, dans le fossé en limite de parcelle, sur la route, dans le ruisseau, une rivière, la mer... Très souvent les conséquences provoquées par le dépôt des sédiments sont aussi graves, voire plus graves, que celles provoquées par l’enlèvement de la terre sur le versant. Ce sujet sera traité dans le Module IV : Les conséquences de l'érosion.
Comme il a été décrit ci-dessus, le dépôt se fait en fonction de la vitesse d’écoulement : les sédiments sont déposés en fonction de leur granulométrie et de la vitesse d’écoulement. Les particules très fines, les argiles, sont transportées le plus loin.

II.4 Résumé des formes et processus

II.4.1) Les relations entre formes et processus d’érosion

II.4.2) Les relations entre texture du sol et processus d’érosion