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2.1 Le modèle mécaniste

2.1.1 Le Taylorisme ou Organisation Scientifique du Travail

L’ébauche d’une théorie
Frédéric Winslow TAYLOR (1856-1915) est né dans une famille de tradition Quaker. C’est probablement ce qui explique l’obsession qu’il a de l’ordre, le sens et la nature de la mission qu’il se donne (combattre le désordre qui existe en production), et enfin l’humanisme de sa théorie originelle.
Taylor débute sa carrière professionnelle comme ouvrier modeleur et mécanicien, puis il entre en 1878 comme manœuvre dans une aciérie. Devenu ouvrier qualifié, il est très vite remarqué par sa hiérarchie du fait de ses résultats : il arrive en effet à produire plus que les autres. Nommé chef d’équipe, puis ingénieur, il essaye d’appliquer ses recettes à ses anciens camarades d’usine. Mais ceux-ci s’opposent à lui. Les résultats n’arrivent alors que bien plus tard.
L’originalité de Taylor est de considérer que l’organisation du travail peut être objet d’une science. La théorie qu’il élabore, l’Organisation Scientifique du Travail vise en effet à organiser rationnellement les moyens – y compris humains - pour que la production augmente le plus possible.

Pour Taylor, les outils du management sont l’observation et la quantification
(cf. Encadré 1)
Taylor observe les savoir-faire qui ne sont alors partagés que par un petit nombre : les membres d’une corporation. Chronomètre en main, il en arrive à la conclusion que ces méthodes de travail constituent un véritable gaspillage d’énergie.
Pour améliorer le rendement de ces savoir-faire, il se propose de les simplifier et de les rendre reproductibles de façon quasi-automatique par le plus grand nombre. Les USA sont alors composés d’émigrants qui ne possèdent pas la langue anglaise, pour lesquels il est nécessaire de clarifier les consignes. C’est ainsi que Taylor segmente les tâches afin que les gestes les composant puissent être réalisés dans un temps minimum. Il opérationnalise et standardise non seulement les méthodes de travail, mais aussi les outils afin qu’ils soient parfaitement adaptés aux tâches.

Un management fondé sur quatre grands principes :

- La planification du travail : c’est à la direction qu’il revient de déterminer techniquement comment doit être exécuté le travail. Elle doit analyser rigoureusement chaque poste de travail, puis le diviser en différentes tâches et enfin, fixer une base de "temps" standard pour chaque tâche ;
- La sélection des ouvriers : il revient aussi à la direction de sélectionner les exécutants par rapport à la tâche, puis de les entraîner ;
- La standardisation des tâches : c’est encore la direction qui fixe la nature de la tâche, mais aussi comment elle doit être faite et le temps exact imparti à l’ouvrier pour l’exécuter. L’exécutant n’a plus qu’à respecter scrupuleusement les consignes. Il n’est pas payé pour penser, encore moins pour manifester sa spontanéité et son originalité ;
- L’équité entre l’exécutant et le donneur d’ordre, c’est-à-dire du partage clair de la responsabilité du travail entre ces deux parties, est selon Taylor, garantie par les trois conditions précédentes.

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